Je peine à trouver des mots pour cette mort fâcheuse et expéditive...

La semaine dernière dans l’avant-dernier épisode de Game of Thrones, nous assistions au massacre de Port-Réal. Cette semaine, nous nous retrouvons pour parler de l’ultime épisode, intitulé The Iron Throne.

Attention SPOILER : cet article est susceptible de contenir des spoilers. Si tu ne veux pas prendre de risque, il est conseillé de revenir après le visionnage pour le consulter !

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On aurait aimé voir Daenerys imposer un vrai régime de la terreur après son accès de folie de la semaine dernière. On aurait aimé un jusqu’au-boutisme tel que Tyrion ne puisse pas échapper à sa sentence après sa trahison. On aurait aimé voir les dothrakis et les immaculés se confronter aux forces du nord. On aurait aimé que l’antagoniste ultime ne s’écroule pas en un clin d’œil alors qu’arrivée à son apogée, elle rêvait de toujours plus de conquête. On aurait aimé que Jon Snow retrouve son charisme légendaire. On aurait aimé qu’Arya ait plus d’impact dans ce final, surtout au regard de la fin de l’épisode 05.

Tant de spéculations, espoirs qui se voient aujourd’hui réduits à néant en cette fin de Game of thrones. Il faut dire que la série était devenue un catalyseur des fantasmes les plus fous. Chacun possédait sa propre lecture et se projetait dans tel ou tel personnage. Difficile, maintenant, de se résigner et d’accepter la fin telle qu’elle est… surtout quand elle est expédiée à ce point. 

Un climax prometteur

Malgré un trailer court mais intense pour ce sixième épisode, le ton était donné. On pouvait y voir Daenerys au sommet de sa puissance, presque intouchable. Tout les éléments étaient présents pour nous livrer un final digne de ce nom, qui puisse conclure la série sur un coup d’éclat.

À la tête des Immaculés toujours aussi froids et ordonnés et des Dothrakis sanguinaires goûtant à l’ivresse de la victoire, Daenerys scrute l’horizon. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la scène se déroulant dans les ruines de Port-Réal est tétanisante. La Mère des Dragons nous livre ici un tableau digne des plus grands despotes, et on imaginerait mal qu’elle soit défaite facilement…

Une première partie sous tension

Il faut avouer que cet ultime épisode sait nous tenir en suspens pendant toute la première partie. Les conséquences des actes de l’épisode 05 se font rapidement ressentir.

En effet, on n’avait aucun doute quant au clash qui s’annonçait entre Daenerys et sa main, Tyrion. Celui-ci se défait de sa responsabilité et est fait prisonnier. La logique aurait été qu’il soit exécuté presque aussi rapidement que l’avait été Varys. Depuis quand Daenerys fait-elle des prisonniers ? Ceux qui la trahissent sont généralement brûlés et la parole ne leur est plus accordée. Autant dire que ce ne fut pas le cas pour Tyrion, et le Lannister a parlé… beaucoup trop parlé. Il a même eu le privilège de recevoir la visite de Jon. Ce fut la première erreur d’écriture, qui aura beaucoup trop de conséquences sur la suite de l’épisode.

D’ailleurs, le mystère plane autour de Jon Snow. Personne ne connait réellement le fond de sa pensée à ce moment. L’héritier légitime semble tiraillé entre le discours de Tyrion qui essaie de le pousser au régicide, et ce que lui dit son cœur et son honneur.

Tyrion, essaie donc d’ouvrir les yeux à Jon sur la vraie nature de son amante. Son esprit aiguisé qui avait très peu transparu cette saison lui permet de faire grandir le doute chez Jon en appuyant sur la corde sensible de la famille. En effet, la dictatrice ne cache pas son désir de conquérir Winterfell, ce qui mettrait Sansa en danger. Je reviendrai plus tard sur les paroles de Tyrion.

La facilité au service de Jon Snow

Cet ultime épisode présente de grosses facilités scénaristiques et il est déplorable que la mort de Daenerys en fasse partie. C’était en quelque sorte l’événement à ne pas rater, l’événement sur lequel toute la réalisation et l’écriture devaient se concentrer. C’était l’événement qui concluait la fin d’une ère, d’une aventure, d’une série.

Comment se fait-il, dans ce cas, que Daenerys se retrouve seule dans la salle du trône ? Elle a parfaitement connaissance de la tension ambiante mais décide tout de même de s’isoler. Drogon la protège, me direz-vous… Drogon, ce bon vieux dragon subitement touché par un lyrisme qui lui permit de détruire le trône de fer après la mort de sa maîtresse, plutôt que de la venger. Assez intelligent pour comprendre que la quête de pouvoir tua sa mère, mais trop stupide de laisser Jon la rejoindre.

daenerys morte drogon game of thrones
© OCS

Alors, nous y voilà. Les deux amants s’enlacent après des répliques un peu trop totalitaires de la part de Daenerys. Jon comprend qu’elle est irrécupérable et la poignarde. Je peine à trouver des mots pour cette mort fâcheuse et expéditive… la réaction naturelle serait bien entendu de passer à autre chose, comme le fait la série dans cet ultime épisode.

En effet, la scène est bâclée. Je parle évidemment du face à face entre Jon et Dany puisque l’arrivée de Drogon apporte un peu de spectaculaire et d’émotion… On nous présente une mise en scène, pauvre comme on en avait jamais vu dans Game of Thrones. La bande son, aussi épique que qualitative, de Ramin Djawadi semble être en total décalage avec la profondeur que les réalisateurs ont accordée à la scène.

Une ellipse pour les berner tous

Parlons maintenant de l’ellipse après la mort de Daenerys. On ne sait pas réellement combien de temps a passé entre le régicide et la réunion du conseil, le seul indice que nous avons étant la barbe de Jon.

Ceci dit, en plus de renforcer une fois de plus ce sentiment de précipitation, cette ellipse temporelle esquive des questions importantes. Comment les Immaculés ont-ils su que Jon avait tué leur Reine ? Pourquoi Ver Gris n’a-t-il pas exécuté Jon sur le champ ? Les Immaculés furent libérés par Daenerys et elle était leur seule leader… Pourquoi réagissent-ils donc de façon diplomatique ?

La mauvaise blague

Le conseil rassemblant les Seigneurs de Westeros a comme un goût de comédie malvenue juste après la mort d’un personnage que nous avons suivi pendant près d’une décennie. Ver Gris se tient devant eux, à parlementer quant à l’avenir de Jon Snow qu’il retient prisonnier. À Westeros, les Immaculés n’ont aucun compte à rendre et si l’on couple ça à l’absence totale d’émotion suite à la mort de Daenerys, on remarque à quel point l’épisode dissone.

Et quand je parlais de comédie plus haut, ça n’était pas une figuration. On nous sert bel et bien quelques petites blagues dans cet ultime épisode, notamment grâce à l’oncle Stark qui tente une candidature au poste de Roi. J’apprécie la tentative de désamorçage mais je n’avais pas le cœur à rire. Chaque petite scène légère, et pour le coup, inutile (coucou Tyrion qui range les chaises), me paraissait être une perte de temps en vue d’une fin de plus en plus imminente…

famille stark game of thrones
© OCS

And the winner is…

Par un discours de Tyrion (oui, encore), le conseil convient de choisir un nouveau roi. Après des discussions plus ou moins intéressantes et la confirmation que Yara Greyjoy change d’avis comme de chemise, Bran Stark est nommé roi.

Si le choix est amené de façon logique, il en reste néanmoins perturbant. Lorsque Tyrion demande à Bran s’il accepte son rôle de roi, ce dernier lui répond: « Pourquoi crois-tu que j’ai fait tout ce chemin ? » Une réplique qui installe un malaise en nous interrogeant sur la vraie nature de Bran. En effet, elle suggère que Bran peut lire dans le future, et qu’il a décidé malgré tout de laisser faire les choses, ne disant rien à personne et approuvant, entre autres, le génocide des Port-Réalais. Des choix qui l’ont fait Roi des 6 royaumes.

Des leçons à tirer de cet ultime épisode ?

La qualité d’orateur de Tyrion devient presque un personnage à part entière lors de cet épisode. Se détachant complètement de son personnage, ses paroles omniscientes en deviennent fatigantes et apparaissent comme la voie de la raison à suivre en toute circonstance.

La voie de la sagesse, donc, qui amène au fur et à mesure de nouvelles perspectives politiques à Westeros. Le parallèle est évidemment fait avec nos propres sociétés, opposant la dictature à la démocratie, et même si la notion est intéressante, elle est abordée trop brutalement pour ne pas être too much.

Adieu, Game of Thrones

Retrouve l’intégrale des saisons 1 à 7 ici !

En toute subjectivité, mon plus grand regret concerne Arya Stark, qui se fait couper l’herbe sous le pied en cette fin de saison. En effet, ses talents ne sont plus mis à profit. Il est déchirant de voir à quel point la tueuse qu’elle est devenue n’a plus de rôle à jouer, après la complétion de sa liste. Elle part donc explorer l’Ouest de Westeros, telle la marginale qu’elle a toujours été.

Une fin de série qui apporte une destinée certes, logique, à ses personnages mais qui ne parvient pas à faire passer la pilule. Trop précipitée, trop maladroite, il aurait fallu un peu plus de temps (de saisons ?) pour poser les bases de ce nouveau monde que nous apercevons avec ce dernier épisode.

Benjamin Ramet

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