Le sadomasochisme n'a jamais été aussi frais

La semaine dernière, nous discutions de Black Summer: une série qui traînait en longueur sans trop savoir où aller. Aujourd’hui, nous nous retrouvons pour parler de Bonding, qui au contraire, va droit au but.

À la manière de Love, death and robots le mois dernier, Netfix nous offre une nouvelle mini-série en ce 25 Avril. Longue de 7 épisodes qui ne durent pas plus de 20 minutes, Bonding aborde le sadomasochisme avec une grande fraîcheur. Focus sur une petite production pour le moins surprenante…

Un thème risqué

Bonding nous raconte donc l’histoire de Pete, un jeune étudiant qui se laisse embarquer dans un univers sadomasochiste afin d’arrondir ses fins de mois. Il devient ainsi l’assistant de la dominatrice « Mistress May » alias Tiffany, son amie d’enfance.

Le sujet abordé est pour le moins casse-pipe. Tout le monde se souvient de la dernière grosse production du genre: 50 nuances de Grey, qui avait vite tourné au ridicule. La ringardise guette mais Bonding ne tombe jamais dans les pièges. La série reste subtile et pleine de fraîcheur, en contournant avec brio tous les obstacles qui auraient pu engendrer une vulgarité.

Bonding: la recette d’un mini succès

Le créateur, Rightor Doyle, mêle ici une bande originale astucieuse à une direction d’acteur pétillante. La bande originale est composée avec intelligence et est de ce fait, très ambivalente. Elle sait s’immiscer lors des scènes les plus cocasses (salut la lutte de pingouins) pour détendre l’atmosphère et éviter l’embarras. D’autre part, elle accompagne également les moments un peu plus intimistes et émouvants à la perfection.

Les acteurs, Zoe Levin et Brendan Scannell savent eux aussi jouer sur plusieurs fronts. Leur jeu tantôt dramatique, tantôt burlesque apporte une vraie plus-value à Bonding.

©Netflix

La pudeur dans l’extravagance

L’un des points forts de la série réside aussi dans ses visuels. Je pense notamment à la séquence où l’on suit Pete et Tiff lors de leur rencard simultanés. Le travail sur les lumières est impressionnant : lumière tamisée et néons aux couleurs chaudes nous transportent dans un univers à la fois pudique et extravagant. Et c’est tout le paradoxe de Bonding, qui assume vigoureusement un côté LGBT et féministe sans pour autant sauter dans les clichés du genre à pieds joints.

Bonding est donc une série que je recommanderais sans hésiter, surtout en regard de sa courte durée. Même si elle est évidemment axée sur le sexe, elle traite de sujets tels que le harcèlement et le consentement, et nous montre à quel point l’amour n’est qu’une forme évoluée de l’amitié.

Benjamin Ramet

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