Le genre zombie est-il vraiment mort ?

Il faut être honnête : quand Netflix a annoncé sa nouvelle série apocalyptique sur les zombies, personne n’était très convaincu. Le genre a été vu et revu et même ses fans n’en attendent plus rien. Si certaines productions telles que The Walking Dead résistent, c’est d’abord parce qu’elles sont ancrées dans la culture pop. Black Summer arrive un peu tard… La série paraît se comporter comme un test de Netflix qui prendrait la température d’un bain pour voir si on peut toujours y plonger. En effet, les épisodes sont expédiés et les personnages sont sous-développés. Focus sur une série qui signe le déclin du genre zombie.

Retrouvez ci-dessous les critiques des 4 premiers épisodes de Black Summer :

Black Summer – Flux migratoire

Dans cet épisode pilote de Black Summer, nous faisons connaissance avec différents personnages : Rose, Ryan, Barbara, Lance et Spears. Chacun se voit attribué une portion de l’épisode. Le rendu final est très saccadé mais nous y reviendront plus tard.

L’ouverture est intéressante, avec un travelling sur un groupe d’individus qui cherchent à fuir. Cette séquence est prometteuse et nous rappelle même la grandeur que dégageaient les foules en panique dans 28 jours plus tard.

Cet épisode est aussi celui qui va façonner la suspension d’incrédulité du spectateur : ici, on retrouve des zombies à la REC plutôt actifs et dynamiques : finis les zombies mollassons de The Walking Dead. Pourquoi pas, après tout ? Les plus gros succès du genre ont souvent présenté des zombies enragés capables de sprint. Néanmoins, dans Black Summer, l’atmosphère qui enveloppe ces derniers n’est pas travaillée. D’ailleurs, pendant une grande partie de la série, les scènes sont tournées en plein jour. Rien n’est glauque ou inquiétant, et la pseudo-conscience qu’ils utilisent pour se mouvoir vient casser cette étrangeté chère au genre.

On a l’espoir que l’épisode 2 nous apportera plus d’informations. En effet, l’action n’est jamais interrompue pendant ce premier épisode, ce qui ne laisse pas beaucoup de place au développement des personnages. On connaît par contre leur quête commune : se rendre au stade où ils pourront retrouver leur famille.

En route

On retrouve ici le découpage des épisodes en chapitres, et on comprend que c’est de cette manière que la série s’articulera. Ce choix ne semble pas être judicieux : le petit interlude entre chaque chapitre empêche l’immersion du spectateur dans un background déjà pauvre.

Les scènes traînent en longueur sans raison. En général, quand un personnage ne progresse pas, on nous en apprend d’avantage sur l’histoire de celui-ci. Mais cette fois, on ne relève aucun apport. Globalement, on s’ennuie.

La réalisation tente vainement de développer la relation entre ses personnages mais les dialogues sont courts et peu profonds. Le personnage de Barbara se livre avec trop de pudeur pour que son intervention ait un impact. Notre indifférence face aux personnages est la grande faiblesse de Black Summer. Pourtant, le genre zombie nécessite un attachement minimum de la part du spectateur afin qu’il se sente suffisamment concerné par les événements.

D’autre part, la réalisation des zombies est discutable, dans cet épisode en particulier. À mon sens, ils sont beaucoup trop humanisés. Il faut dire qu’ils sont entièrement joués par des acteurs maquillés, ce qui remet la qualité de la prestation de ces derniers en question. (On ne peut pas les blâmer : qui se forme à jouer un zombie, en fait ?) Bref, le rendu final est assez kitsch, et une lumière tamisée plutôt que la lumière du jour dont on parlait plus haut aurait pu aider.

scène de black summer de netflix
© Netflix

L’école en été

Ce troisième épisode démarre par la lente exploration d’une école. Pendant 7 longues minutes, on ne voit rien si ce n’est nos protagonistes avancer en silence. Autant dire que le moindre soupçon d’action est savouré.

Un peu plus tard, on apprendra que les événements se déroulent 3 à 5 semaines après la contamination, ce qui pose tout de même la question du comportement humain. En effet, les hostilités entre individus sont déjà ouvertes alors que ce moment est normalement propice à une coalition contre les zombies.

Lors de cet épisode, on touche du bout des doigts un premier développement de relation non superficiel entre Rose et Spears. Hélas, la scène se termine après 3 répliques échangées : le réalisateur a-t-il envie de faire parler ses protagonistes ? C’est à se demander s’il n’a pas introduit le personnage muet de Ryan pour justifier la quasi-absence de dialogue. Par chance, Rose connaît le langage des signes !

On frôle ensuite la teenage série avec la découverte d’un repère d’adolescents, organisés pour survivre. Si vous avez aimé les enfants perdus dans Peter Pan, vous devriez vous y retrouver. Le plus jeune du groupe va même jusqu’à pousser une chansonnette « angoissante » dans un haut-parleur. Chacun révolutionne les genres à sa manière, après tout.

Dans l’école en été, un deuxième personnage principal nous quitte. La grande mode dans les séries est bien sûr de faire mourir les personnages pour lesquels le fan éprouve beaucoup d’empathie. Cependant, il semble plus intéressant d’opérer ainsi quand le personnage en question a été assez détaillé pour impacter le spectateur émotionnellement. Ça n’est clairement pas le cas ici.

Sans les autres

Il n’est pas nécessaire de s’attarder sur cet épisode empreint d’un vide sidéral. On suivra ici un seul et unique personnage. Il cheminera hors de l’école, dans la ville, puis dans un supermarché. Le tout est agrémenté, bien sûr, d’une course poursuite humain-zombie. C’est histoire de ne pas abuser sur la culture du rien du tout que commence à entretenir Black Summer.

On notera au passage le clin d’œil à The Walking Dead, lorsque notre protagoniste se retrouve seul, allongé sur le bus.

Bilan

Sur cette première partie, Black Summer est assez décevant. La série tourne souvent autour du pot pour ne rien dire. Le comportement humain semble être mis en avant d’avantage. Cet axe portera-t-il le reste de la production dans les épisodes 5 à 8 ?

Benjamin Ramet

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