Une série tuée dans l'œuf...

La semaine dernière, nous commentions la première partie de Black Summer sur La Pellicule. Vous pouvez d’ailleurs retrouver l’article en cliquant ici. La série avait commencé doucement, sans prendre de risque, et laissant même le spectateur dans une fadeur ambiante.

Cette semaine, nous nous retrouvons pour traiter de la dernière partie. Réussit-elle à relever le niveau ? Retrouvez ci-dessous les critiques des 4 derniers épisodes de Black Summer :

Le diner

Selon moi, Le diner est le meilleur épisode de Black Summer. Il pourrait tout à fait être sorti du flux sériel et être présenté en tant que court métrage. En effet, en plus d’être le seul épisode intéressant jusqu’à présent, on entrevoit une vraie volonté de développer les personnages. Sun (une coréenne qui peine à se faire comprendre) n’est plus la seule interlocutrice de Velez et on témoigne ici d’une logique scénaristique qui rend enfin le tout crédible. Deux groupes d’individus hostiles, enfermés dans un diner, se coalisent pour luter contre la menace zombie.

Dans cet épisode, Black Summer amène plusieurs pistes de réflexion, notamment sur le leadership, mais plus généralement sur le genre humain. Pendant toute la durée de l’épisode, il est question de sacrifier le maillon faible pour pouvoir sauver la peau des autres. Une motivation qui ne manque pas de nous offrir un spectacle violent et sanglant, aussi bien d’un point de vue physique que psychologique. Si vous devez voir un épisode de Black Summer, c’est bien celui-ci.

Le casse

Ici, Black Summer retombe dans ses travers. L’épisode doit compter 4 répliques à tout casser. Le reste se résume à des cris n’atteignent même pas le spectateur tant les personnages sont insignifiants à ses yeux.

Bien sûr, il fallait s’y attendre, on nous ressert le cliché de la femme-appât qui joue de ses charmes pour parvenir à ses fins. Rose est prête à tout pour retrouver sa fille, mais tout cela reste du vu et revu. Chaque personnage est une caricature de lui-même. Je ne parlerai même pas de notre bon vieux Velez qui ne peut pas aligner 3 mots sans injurier. Les insultes représentent facilement 3 quarts de ses discours, et ne sont jamais justifiées. Ces caricatures de personnages reflètent une direction d’acteur pauvre. Une seule actrice sort son épingle du jeu, nous y reviendrons ensuite.

Pourtant, Le casse aurait pu présenter un réel intérêt. Épisode de huis clos, les survivants s’infiltrent dans une boîte de nuit (ah bon ?) pour récupérer des armes. Il faut quand même avouer qu’il était peu probable d’assister à une soirée en boîte de nuit 3 semaines après le début d’une contamination zombie. Mais Black Summer l’a fait ! Et c’est d’un ridicule… L’angoisse provoquée par un huis clos dans un milieu contaminé n’est même pas exploitée. Encore une fois, on est bien loin de la chair de poule que nous provoquait la zone de confinement dans 28 jours plus tard.

Le tunnel

L’épisode est pauvre et le récit n’avance pas. Le groupe de survivants s’émancipent de soldats un peu trop encombrants à leur goût. De plus, aucun instant n’est laissé au développement de l’émotion. Après la mort d’un personnage important, on le pleure et on passe rapidement à autre chose.

Cependant, cet épisode a le mérite de mettre une actrice en lumière : Christine Lee. Son personnage, Sun, ne parle pas un mot d’anglais et ne communique pas aisément avec les autres protagonistes. Ses interventions en coréen sont volontairement non sous-titrées, ce qui ajoute une dimension particulière à son jeu. Le spectateur est frustré de ne pas la comprendre, au même titre que ses compagnons. Le langage corporel prend naturellement une part importante dans les scènes de Sun, ainsi que l’utilisation de sa voix. Sun, c’est la petite touche d’originalité de Black Summer.

image black summer stade netflix
© Netflix

Le stade

La transition est brutale. On passe du tunnel au centre ville sans trop savoir comment. Plusieurs survivants se retrouvent ici. C’est le dernier obstacle qui les sépare de leur objectif final : le stade.

Beaucoup de personnages vont mourir dans cette zone noire. Ils sont tués sans état d’âme, comme si le réalisateur lui-même n’envisageait pas une saison 2. Un bien triste rendu.

Un plan sur les survivants qui s’éloignent de l’objectif est à deux doigts de nous rendre malade. La stabilisation de l’image est à revoir. Il s’enfoncent au centre du stade pour nous laisser le découvrir, vide, froid et terrifiant. C’est sûrement la seule image percutante de cet épisode, si ce n’est de la série.

On finit sur une note fade et sans surprise. Une fin téléguidée, cousue au gros fil.

Benjamin Ramet

Dernières séries

Me contacter

Téléphone : 06.26.61.17.71

ou