Les décors sont pour le moins soignés et les dæmons sont une réelle surprise visuelle !

Adapter À la croisée des mondes (His Dark Materials, en VO) en série est à priori un pari risqué. Nous avons tous en mémoire cette première tentative d’adaptation au cinéma de la trilogie de Philip Pullman. Malgré un casting qualitatif, avec Nicole Kidman dans le rôle de Madame Coulter et Daniel Craig en Lord Asriel, le film n’avait pas convaincu.

N’oublions pas, cependant, qu’à l’époque où À la croisée des mondes essayait de se faire une place dans le cinéma de la culture pop, la saga Harry Potter suscitait déjà l’intérêt général. Y a-t-il une raison qui justifie le succès universel d’une œuvre lorsque son homologue fantastique est lui, un simple victorieux modeste ? Les aléas du show business, me direz-vous. Cet article du Huffington Post mériterait bien un coup d’œil.

Et comme si le paysage cinématographique de la fantasy n’était déjà pas assez saturé dans les années 2000, un autre univers pointait également de le bout de son nez: celui du monde de Narnia. Si les films eurent plus de succès qu’À la croisée des mondes: la boussole d’or, l’adaptation de la saga dans son entièreté fut avortée après le quatrième film. On apprenait d’ailleurs cet été que la saga de C.S Lewis sera elle aussi portée au format sériel par Netflix.

Comme l’un ne saurait s’enivrer de la douce mélodie de Mr. Tumnus et apprécier une bière au beurre comme il se doit au même moment, peut-être n’étions-nous simplement pas prêts à accueillir ces mondes alternatifs, d’ores et déjà obnubilés par J.K Rowling et ses sorciers.

Sur les chapeaux de roues

Si l’on peut reprocher quelque chose à ce premier épisode d’À la croisée des mondes, c’est bien son aspect trop « pilote ». En effet, on a plutôt intérêt à s’accrocher puisqu’en même pas une heure, tout est posé sur la table.

On nous dévoile alors brièvement le background sociétal, la prophétie de l’enfant élu, et l’arrivée de Lyra à Jordan College.

Lyra et son dæmon Pantalaimon, aka Pan
© HBO

Ajoutons à cela l’expédition de son oncle, lord Asriel, dans le Grand Nord, le débriefing de celui-ci aux Maîtres. Sans oublier l’enlèvement de Roger par les enfourneurs, et l’appel à l’aventure en ballon dirigeable.

Vous y êtes ? Comment dire ? Cela sonne comme la recette typique d’un pilote, plus soucieux d’exposer la matière et le potentiel de la série que d’embarquer le spectateur dans un univers riche. L’épisode ne souffle pas, et la production prend le parti prix de révéler beaucoup trop rapidement des éléments cruciaux que nous aurions aimé anticiper en nous noyant dans cet univers fantastique. Je pense notamment à cette prophétie d’enfant élu. Aussi tôt apprenons-nous à son sujet qu’on nous révèle l’identité de cet enfant.

On espère en tout cas que cet épisode d’exposition laissera place au développement soigné des personnages, et à un rythme plus posé qui puisse laisser le temps au spectateur de s’attacher à la mythologie qui est la leur. En tout cas, tous les ingrédients sont là.

À la croisée des mondes: un grand budget pour une grande complexité ?

Tous les ingrédients sont là, et il faut dire que le budget en fait partie. La BBC a déclaré que la série était la plus chère jamais produite par la chaîne. Les décors sont pour le moins soignés et les dæmons sont une réelle surprise visuelle !

Il est bien sûr encore trop tôt pour se prononcer sur la série. Même si ce premier épisode était d’un rythme effréné, il a tout de même le mérite de poser les bases. Il nous dépeint des enjeux politiques et religieux, au-delà de la magie avec laquelle il les enrobe. Le Magisterium est bien l’une des seules zones d’ombre pour le moment. Il semble être une entité intéressante et questionne déjà notre rapport à l’immatériel, et à l’autre.

« Tout le monde est spécial. »

Benjamin Ramet

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