Les Crevettes Pailletées

Publié le 9 mai 2019

Matthias Le Goff est un champion olympique de natation. Lors d’une apparition télévisée, il tient des propos homophobes et se voit puni. Il va devenir coach des crevettes pailletées, une équipe de water-polo gay…
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La note de La Pellicule : 4

les crevettes pailletées poster

Réalisateur : Cédric Le Gallo, Maxime Govare

Nationalité : France

Genre :

Avec : Nicolas Gob, Alban Lenoir, Michaël Abiteboul

Sortie : 08 Mai 2019

Durée : 1h 40min

Récompenses : Pas encore de récompense

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Vendue comme la comédie du Printemps à voir absolument, Les Crevettes Pailletées est sorti dans les salles ce 08 Mai. Le synopsis ne nous rappelle que trop bien Le grand bain de Gilles Lellouche, qui avait été un succès en Octobre 2018.

En effet, Les Crevettes Pailletées nous relate l’histoire de Matthias Le Goff, champion de natation, qui se voit condamné après avoir tenu des propos homophobes à la télévision. Il entraînera donc une équipe de water-polo gay, dans le but de participer aux Gay Games.

Confronter un professionnel à un groupe d’amateurs semble donc être un sujet qui plaît aux français. Le décalage entre deux univers aux exigences bien distinctes crée facilement des situations comiques. Alors ajoutez-y des protagonistes gay, et vous obtenez une recette prometteuse. Mais la promesse est-elle tenue ?

Des problèmes sociaux comme solutions ?

À la manière de Champions, de Javier Fesser, qui condamnait un entraîneur de basketball à coacher des handicapés, Matthias Le Goff se retrouve dans le milieu gay, qui lui est totalement inconnu.

La démarche qui consiste à insérer des personnages répondant aux standards classiques à l’intérieur de groupes bien souvent discriminés est intelligente. Cela permet de briser la glace et de démanteler certains préjugés. En plus d’être engagé, ce procédé permet, au passage, des comiques de situation que l’on ne saurait reproduire ailleurs.

En théorie, on pouvait donc attendre une pépite fraîche et légère de la part de Les Crevettes Pailletées. Hélas, c’est totalement l’inverse qui se produit en pratique…

La communauté LGBT desservie par Les Crevettes Pailletées

Le film ne met pas seulement en lumière les homosexuels mais traite également des transgenres. D’ailleurs, la pluralité des sexualités dépeintes dans le film amène des conflits qui sont excellents lorsqu’il s’agit de déconstruire le clivage hétérosexuel – homosexuel.

@Universal Pictures

Les Crevettes Pailletées avait donc toutes les cartes en main pour défendre la communauté LGBT. Au lieu de ça, le public a le droit à un spectacle ridicule, du début à la fin. Pour être utilisé, le second degré nécessite un minimum de subtilité. Ici, ça n’est pas le cas. Les protagonistes suscitent plus le rire (si tant est que l’on rit) grâce à leur condition de bêtes de foire que par un stéréotype sur lequel on mettrait le doigt pour en exploiter la nuance la tordante.

Multipliant les clichés gratuits, le film dégouline de lourdeurs, qui le coulent au fut et à mesure. De la même manière, la sexualité est traitée de manière frontale, sans aucune sophistication ou réflexion. Ce cocktail cru et lourdingue réduit les homosexuels à un groupe d’animaux avides de sexe, qui ne recherchent que la fête dans leurs instants les plus humains. Autant dire que Les Crevettes Pailletées propose une caricature comme on en avait pas vu depuis longtemps. La communauté LGBT aurait clairement pu s’en passer.

Un réalisateur aveugle

Cédric Le Gallo pourrait défendre son film embarrassant en avançant qu’il raconte ici sa propre histoire. Cependant, il se gardera bien de dire quelque chose lorsqu’on le félicitera de représenter les homosexuels au cinéma.

Le film est très peu consistant. On s’interroge quant au personnage d’Alban Lenoir, beaucoup plus percutant dans Gueule d’Ange. Son arc narratif a l’aspect d’une pièce rapportée qui vient ajouter un pseudo-drame en fin de récit.

Finalement, on est très loin de la profondeur de 120 battements par minute ou de l’agilité de Champions dans le traitement des minorités. C’est à se demander si le réalisateur ne manquerait pas d’un peu de jugeote pour prendre conscience que, pris sous un certain angle, son film devient presque homophobe dans sa manière d’amener les choses.

Benjamin Ramet

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