Champions

Publié le 2 mars 2019

Marco occupe le prestigieux poste d’entraîneur-adjoint de l’équipe d’Espagne de basket. Mais son mauvais caractère lui pose problème. Après une série de déconvenues dont il est le seul responsable, Marco se retrouve à devoir coacher une équipe de déficients mentaux.

Quand une comédie légère vous apporte une leçon de vie

Si vous voulez rire de déficients mentaux de manière totalement décomplexée alors Champions est fait pour vous. Ici, la moquerie n’est jamais gratuite ni même malsaine. Elle nous amène à prendre du recul sur notre rapport aux handicapés et à la normalité. Champions (ou Campeones dans sa langue originale) est une comédie espagnole de Javier Fesser dans laquelle l’entraîneur adjoint d’une grande équipe de basketball est amené à coacher un club de déficients mentaux. En effet, Marco (Javier Gutiérrez) s’est pensé au dessus des lois et c’est pour lui un moyen de purger sa peine.

Nos champions cathartiques

Les handicapés mentaux ont toujours suscité chez moi des réactions très contrastées. Soit je m’alarme devant l’imprévisibilité ou l’empathie inhabituelle dont ils font preuve, soit je m’amuse de leur attitude marginale. Je suis des gens qui pensent que l’on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. Alors comment vous exprimer mon enthousiasme lorsqu’un film qui permet justement de rire d’un sujet sensible, comme les handicapés mentaux, est à l’affiche ? Champions est remarquable par sa capacité à nous faire sourire pendant 1 heure 30. Le succès prend sa source dans un mélange de tendresse et de candeur dont seuls les déficients peuvent faire preuve. Aucun jugement n’est porté sur la récréation que nous apporte un retardé hypocondriaque ou sur un aquaphobe sympathique à l’excès.

Et parce que tout nous est permis, le film en devient cathartique. Comme si l’impureté d’une moquerie devenait la pureté d’un sourire. Tout est mis en œuvre pour rendre les situations comiques. En fait, l’association des handicaps de chacun devient vite accablante. On peut parfois trouver ça exagéré mais c’est aussi ce procédé qui participe au charme du long métrage. Javier Fesser dédramatise le sujet avec brio.

Telle est ma quête

Le message global du film est touchant. Lorsqu’arrive la fin, son titre, Champions, prend tout son sens : la quête de ce club de défavorisés n’est pas tant la victoire de la compétition de Basketball, mais plutôt la sociabilisation de chacun dans un monde qui réagit exclusivement aux normes. Une fois ce défi relevé, c’est ce qui fait d’eux des champions.

Un personnage trop secondaire

La seule réserve que j’émettrais à Champions est le personnage de la mère de Marco (Luisa Gavasa). Elle ne fait jamais progresser l’histoire ou ne donne des informations pertinentes sur son fils. Aussi insipide que les passages dans lesquels elle apparaît, on n’avait aucunement besoin de ses répliques qui sonnaient comme une tentative de rajouter du comique à ce qui l’était déjà. Javier Fesser avait tout intérêt à développer la relation entre Marco et son club plutôt que d’encombrer son film de la sorte.

Au bout du compte, allez voir Champions. On nous propose enfin autre chose dans nos salles françaises en termes de comédies (il faut dire qu’on compte les films espagnols projetés dans nos salles sur les doigts de la main au cours d’un mois). Nous sommes autant bénéficiaires que Marco de la leçon de vie qu’est ce film.

Benjamin Ramet

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