Publié le 3 juillet 2019

Euphoria: la teen série selon HBO

Par Benjamin Ramet

euphoria la teen série selon HBO

Depuis déjà trois semaines, HBO diffuse sa nouvelle série. Caractérisée par des scènes brutes et allant droit au but, Euphoria nous coupe l’herbe sous le pied.

S’il y a bien une chose que l’on ne peut pas déplorer en ce début de période estivale, c’est la qualité des séries HBO. La chaîne de télévision américaine semble avoir profité de la visibilité qu’offrait Game of Thrones, sa série phare, pour montrer ce dont elle était capable.

Ainsi, les bijoux de réalisation défilent devant nous, pour notre plus grand plaisir. On nous a d’abord surpris avec Chernobyl, que personne n’a vu venir, et qui se trouve finalement être la série la mieux notée de tous les temps. C’est maintenant au tour d’Euphoria de marquer nos esprits. C’est en tout cas son ambition et le moins que l’on puisse dire, c’est que son atmosphère à base de lumière tamisée et de tension sensuelle (sexuelle?) la démarque de ce qui s’est déjà fait en matière de teen série.

Euphoria: la nouvelle définition de la teen série

Netflix n’a qu’à bien se tenir ! On est très loin de produits polis et lissés tels que 13 Reasons Why. Dans Euphoria, les vices des jeunes générations apparaissent sans détour. Au programme, sexe et drogues par dessus tout. Mais attention cependant à ne pas crier au scandale et à l’apologie de la débauche. Bien souvent dans Euphoria, on en voit les conséquences destructrices, tant sur le plan physique que moral.

Néanmoins, si la série met en garde, elle est aussi le reflet de sa propre époque. Ainsi, la nudité n’est plus un tabou et les « dick pics » se banalisent. Méthode virile pour s’imposer ou tout simplement flatter son ego propre, Euphoria explore le phénomène en long, en large et en travers. « Terrifiante, horrible ou acceptable » est sûrement la leçon que vous avez retenue.

Par ailleurs, la teen série Euphoria nous montre à quel point Internet sexualise les adolescents, prônant parfois des modèles erronés. Nous retrouverons donc le personnage de Cassie (Sydney Sweeney) surpris devant la brutalité de Chris McKay (Algee Smith) pourtant plein de bonnes intentions, lorsqu’il s’agit de passer à l’acte. Nous retrouverons également Kat (Barbie Ferreira), une auteure de fan fictions déchaînant les passions sur le web, dans ses débuts de prostituée online.

Vous l’aurez compris, on peut dire qu’Euphoria va au fond des choses (wait… what ?). Si le côté dark des teen séries avait été exploré un peu plus tôt dans l’année par Quicksand sur Netflix, HBO nous offre cette fois un produit authentique, accompagné de visuels et de jeux de lumière qui ne vont laisseront pas de marbre.

Euphoria: crise identitaire

Les problèmes de Rue (Zendaya) concernant la drogue forment évidemment l’arc narratif principal de la série. Même s’il est amené intelligemment, il ne propose rien de nouveau dans le genre et laisse vite place au personnage de Jules (Hunter Schafer).

Au cœur de l’intrigue, Jules est une femme trans dont l’arc narratif se révèle être aussi complexe d’intéressant. En effet, Jules est sûre d’elle et de son identité, sans pour autant tomber dans le cliché. Ainsi, elle distribue les ondes positives autour d’elle et se lie d’amitié avec Rue. Elle se retrouvera ensuite coincée entre deux personnes en pleine crise identitaire: Nate (Jacob Elordi), et son amie Rue. Cela n’est pas sans nous rappeler l’un des épisodes de Black Mirror: Striking Vipers.

J’aurais aimé insister sur le fait qu’Euphoria illustre à quel point la quête de genre et de manière générale, le psychisme ne sont ni blancs ni noirs. Cependant, autant éviter les spoilers puisque la meilleure façon de vous en faire une idée, c’est de visionner la série.

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